Page mise à jour le 05/10/2012

Pierre de Coubertin
faux philanthrope

(1863-1937)

En matière de Jeux Olympiques, il se dégage trois courants d'opinion :
- Ceux qui s'en foutent
- Ceux qui en consomment le spectacle sans se poser trop de question (sans doutes les plus nombreux)
- Ceux qui en combattent le système (nationalisme exacerbé, faux amateurisme, irruption omniprésente des sponsors...)

Dans cette dernière tendance certains n'hésitent pas à déplorer "l'évolution actuelle des J.O.", ils regrettent donc ce qu'ils appellent "l'esprit olympique" (qui se serait perdu) prôné par Pierre de Coubertin, fondateur des jeux et grand philanthrope devant l'éternité.

Grand philanthrope : Laissez-moi rire !

Car la réalité est bien différente !

Très influencé par quelques auteurs comme Francis Galton (1822-1911) naturaliste britannique, fondateur de l'eugénisme qui s'efforça toute sa vie de démontrer l'inégalité des races humaines ou Joseph Arthur de Gobineau, (1816-1882) l'un des inspirateur du caractère raciste de l'idéologie nazie (Essai sur l'inégalité des races humaines), Coubertin ne cacha pas de son vivant, ses idées ouvertement racistes et misogynes.(1)

En 1894, Coubertin rassemble autour de lui des représentants de 12 pays : l'objectif est de ressusciter les jeux olympiques antiques. Ils auront lieu deux ans plus tard à Athènes. Pour Coubertin, il s'agit de manifester aux yeux du monde la supériorité de l'occident, et surtout de prouver dans le cadre des jeux, la perfection de "l'homme blanc", autant sur le plan physique que spirituel.

Pour Coubertin, la beauté des corps répondant à l'antique esthétique des athlètes grecs ne peut se retrouver que chez des compétiteurs Européens. Cette supposée perfection européenne doit donc se manifester clairement par une supériorité en terme de performances, cela au détriment des autres "races" considérées comme inférieures.

Voici le véritable cadre idéologique de la renaissance des jeux Olympiques modernes : Les femmes interdites d'accès, les "Nègres", Indiens et autres "métèques" tolérés dans le rôle de faire valoir. On retiendra d'ailleurs que pour la troisième olympiade de 1904 à St Louis au Etats-Unis, les compétitions furent organisées séparément, ceci en fonction de la "race" des compétiteurs. Les organisateurs Américains considéraient en effet les Pygmées, Turcs, Syriens et autres Sioux comme des trublions exotiques, indignes d'être comparés à la fine fleur de l'athlétisme.

Quant à Coubertin, malgré le succès grandissant des J.O. modernes, il ne cesse de tempêter contre le laxisme ethnique des jeux et surtout l'éventuelle participation des femmes aux Olympiades.
" Une olympiade femelle serait impratique, inintéressante, inesthétique et incorrecte. Le véritable héros olympique est, à mes yeux, l'adulte mâle individuel. Les Jeux Olympiques doivent être réservés aux hommes, le rôle des femmes devrait être avant tout de couronner les vainqueurs."
Pour lui, la revendication d'une participation féminine était ressentie comme un affront majeur à la grandeur et à la pureté originelle de cette compétition. Néanmoins, la pression grandissante des mouvements féministes au cours des années 1920 finira par abattre la réglementation misogyne du comité international olympique, si bien qu'en 1928, aux jeux d'Amsterdam, (contre l'avis de Coubertin bien sûr !) les femmes, au nombre de 290, font leur entrée remarquée aux épreuves d'athlétisme.

Écœuré, Coubertin s'éloigne du comité Olympique international dont il a démissionné de la présidence en 1925, pour se rapprocher de celui de l'Allemagne, qui selon lui, est plus proche de l'idéal Olympique.

Par ailleurs Coubertin s'insurgea publiquement contre l'éducation physique (car elle avait un côté égalitaire qui le répugnait, à l'inverse du sport de compétition)

Bref Coubertin était loin d'être le gentil philanthrope que d'aucuns essaient encore de nous faire croire.

Le racisme, le sexisme et le nationalisme ont été les plaies originelles de l'Olympisme. Si les deux premières ont été résorbées elles ont été remplacés le pouvoir de l'argent. Quant à Pierre de Coubertin, c'est devenue une icone bien propre qu'on nous ressort tous les quatre ans, édulcorée des ses scories qui sont pourtant historiquement incontournables.(2)  

Anecdote : Savez-vous que Coubertin n'est pas l'auteur de la formule rabâchée "l'important n'est pas de vaincre mais de participer". Celle-ci a été prononcée par l'évêque de Pennsylvanie à Londres avant le début des jeux de 1908.

Ses joyeux successeurs :

Comte Henri de Baillet-Latour  (de 1925 à 1942), antisémite notoire, Une photo célèbre le montre entouré, lors de la cérémonie d’ouverture des Jeux d’hiver de 1936, d’Adolf Hitler et de Rudolf Hess, son dauphin. Lorsque Baillet-Latour mourut, en 1942, en pleine guerre, Hitler lui fit envoyer, portées par une garde d’honneur composée de soldats allemands, plusieurs couronnes de fleurs, dont une en son nom personnel et une aux couleurs du Troisième Reich, le tout assorti de rubans à croix gammées.
Sigfrid Edström (de 1946 à 1952)
Avery Brundage (de 1952 à 1972) En 1936, le président du Comité National Olympique Américain d’alors, Avery Brundage, antisémite chevronné, nazi convaincu et membre actif de deux associations ultra racistes Outre-Atlantique, relativement secrètes et toutes deux proches du tristement célèbre Ku Klux Klan, convainquit les Etats-Unis sous prétexte que "les Juifs étaient bien traités par le Reich", de ne pas boycotter ces Jeux de Berlin.
C’est pour ces services rendus à la cause olympique que ce très zélé disciple d’Hitler, et que Göring recevait régulièrement en grande pompe, fut nommé, en 1952, président du CIO, puis, en 1972, "président d’honneur à vie". En 1972 les Jeux Olympiques se déroulèrent à Munich où un groupe de terroristes palestiniens s'empara de 11 athlètes israéliens qui furent tous tués. Malgré l'écoeurement provoqué par cette tuerie, Avery Brundage déclara que les jeux devaient continuer.
Baron de Killianin (de 1972 à 1980),
Marquis Juan Antonio Samaranch (de 1980 à 2001) : En 1936 il militait les rangs des pro-hitlériennes Phalange Espagnole Traditionnaliste (FET) et de la Juntes Offensives National-Syndicalistes (JONS). Secrétaire des Sports dans le Gouvernement Espagnol nommé par Franco lui-même, en 1967.
Comte Jacques Rogge (depuis 2001). S'oppose en 2012 à l'organisation d'une minute de silence en souvenir des 11 athlétes israeleiens tués par des terroriste aux jeux de Munich en 1972


Notes et commentaires
(1) Florilège : "À la race blanche, d'essence supérieure, toutes les autres doivent faire allégeance". - 
"Il y a deux races distinctes : celles au regard franc, aux muscles forts, à la démarche assurée et celle des maladifs, à la mine résignée et humble, à l'air vaincu. Hé bien ! C'est dans les collèges comme dans le monde : les faibles sont écartés, le bénéfice de cette éducation n'est appréciable qu'aux forts." (In "Education anglaise")
"La théorie de l'égalité des droits pour toutes les races humaines, conduit à une ligne politique contraire à tout progrès colonial. Sans naturellement (sic) s'abaisser, à l'esclavage ou même à une forme adoucie du servage, la race supérieure a raison à la race inférieure certains privilèges de la vie civilisée." (In The review of the reviews avril 1901).
(2) C'est ainsi que sur la version actuelle de la page de Wikipédia (15/01/2012) on ne trouvera aucune allusion aux idées nauséabondes de Coubertin.


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